Mis à jour le 29 octobre 2026. Les syndicats et le patronat ouvrent aujourd’hui, jeudi 29 octobre, la négociation sur les arrêts de travail, d’après une dépêche AFP reprise par Boursorama (22 octobre 2026). L’objectif fixé par le gouvernement : 1 milliard d’euros d’économies en année pleine, avec un accord attendu au plus tard le 19 décembre 2026 et des mesures visées pour 2027. Un séminaire ne règle évidemment pas ce dossier. Mais l’un des trois axes, la prévention des arrêts et la préparation des reprises, touche directement les formats que les équipes RH et événementielles organisent. Voici ce qui est acté, ce qui reste ouvert, et ce qu’il est raisonnable de préparer.
Négociation sur les arrêts de travail : l’essentiel au 29 octobre 2026
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a adressé une lettre aux organisations syndicales et patronales le 7 octobre 2026, selon RH News (13 octobre 2026). Il y juge les mesures déjà prises insuffisantes et demande une approche structurelle plutôt qu’un simple ajustement de paramètres. Le gouvernement préfère laisser la main aux partenaires sociaux avant d’imposer d’éventuels ajustements réglementaires, précise Syndicalisme Hebdo (20 octobre 2026).
Trois axes de travail sont fixés, d’après Previssima (8 octobre 2026) : la prévention et l’accompagnement (suivi des salariés, aide à la reprise ou à la réorientation), les paramètres d’indemnisation (durée, plafonds, complément employeur, taux de remplacement), et la responsabilisation des employeurs, des salariés et des prescripteurs. Les chiffres de départ : 12,1 milliards d’euros d’indemnités journalières maladie et 5,8 milliards au titre des accidents du travail et maladies professionnelles en 2025, soit environ 17,9 milliards d’euros.
| Date | Fait | Statut |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Arrêt initial limité en principe à 31 jours, prolongation à 62 jours | En vigueur |
| 7 octobre 2026 | Lettre de saisine du ministre du Travail aux partenaires sociaux | Envoyée |
| 15 octobre 2026 | Indemnisation de certaines affections de longue durée non exonérantes ramenée de trois ans à un an | En vigueur |
| 29 octobre 2026 | Ouverture des discussions entre syndicats et patronat | Annoncée (AFP) |
| 19 décembre 2026 | Date limite pour un accord ; 1 Md€ d’économies visé en année pleine | À venir |
Ce qui s’applique déjà, et ce qui n’est pas encore décidé
Deux durcissements sont déjà en vigueur : le plafonnement de la durée des arrêts depuis le 1er septembre, que nous avons détaillé dans notre analyse du plafonnement des arrêts à 31 jours, et la réduction de trois ans à un an de l’indemnisation de certaines affections de longue durée depuis le 15 octobre, selon Previssima (8 octobre 2026). La négociation qui s’ouvre porte sur autre chose : une réforme de fond, dont le contenu n’est pas arrêté.
Ce que dit le ministre est en revanche clair sur l’orientation. Sur TF1 le 15 octobre, d’après France Épargne, Jean-Pierre Farandou a affirmé vouloir « moins protéger les arrêts courts, pour qu’il y ait moins d’arrêts courts », et mieux accompagner les arrêts longs, en citant les troubles musculo-squelettiques, les maux de dos et la santé mentale. Les mesures exactes n’ont pas été fixées. L’article ne précise pas non plus si le gouvernement reprendrait la main par voie réglementaire à défaut d’accord le 19 décembre.
Les positions connues : carence, complément employeur, prévoyance
Côté patronal, le président du Medef, Patrick Martin, a déclaré le 22 septembre « Bien sûr qu’il faut faire des économies sur les arrêts de travail », d’après Egora (22 septembre 2026). Il évoque des jours de carence « d’ordre public », qui ne seraient remboursés ni par le régime de base ni par les complémentaires, et que les entreprises ne compenseraient plus « dans certaines limites ». Il juge la hausse des arrêts courts « suspecte » et pense qu’une telle mesure aurait un « effet comportemental ».
Le point touche directement les employeurs. Selon la Dares, citée par RH News (13 octobre 2026), 45 % des entreprises indemnisent déjà la carence de leurs salariés, souvent par accord de branche ou d’entreprise. Si l’indemnisation publique se durcit, elles devront choisir entre maintenir cette prise en charge et la revoir, avec des effets sur les contrats de prévoyance collective. Côté syndical, Syndicalisme Hebdo (20 octobre 2026) indique que les organisations se mobiliseront pour « préserver le droit à la santé des travailleurs », sans proposition chiffrée détaillée à ce stade. Il rappelle aussi que les arrêts maladie ont augmenté d’environ 10 % depuis 2019.
Ce que cela change pour un séminaire ou un événement RH
Il faut être précis : aucune des mesures en discussion ne vise les séminaires, et aucune source consultée ne démontre qu’un événement d’équipe réduit les arrêts de travail. L’angle utile est ailleurs, sur quatre points concrets.
Premier point, la prévention devient un axe officiel. Si la négociation aboutit à des obligations ou à des incitations en matière de prévention, les directions RH chercheront à justifier leurs actions : journées santé, formation des managers, séminaires sur la charge de travail. Un événement présenté comme « prévention » devra être mesurable, avec des indicateurs avant et après, comme nous le détaillons dans mesurer le retour d’un séminaire.
Deuxième point, la reprise après un arrêt long. L’axe « mieux préparer les reprises » concerne les managers. Un séminaire de rentrée ou de cohésion est aussi le moment où une personne revient : prévoir un accueil, un rythme adapté et un interlocuteur identifié fait partie de l’organisation. À l’inverse, une personne encore en arrêt ne doit pas être sollicitée pour l’événement, un point que nous avons traité en détail avec le cadre juridique de séminaire et droit du travail.
Troisième point, le budget 2027. Si le complément employeur ou la prise en charge de la carence est revu, certaines entreprises auront un arbitrage à faire dans leur masse salariale ou leur prévoyance. Cela peut peser sur les enveloppes d’événements, déjà sous tension avec le projet de loi de finances, comme nous l’expliquons dans budget 2027 et événements d’entreprise. C’est une hypothèse de travail, pas une conséquence démontrée : rien n’est décidé avant le 19 décembre.
Quatrième point, le calendrier. Les budgets 2027 se bouclent en novembre et décembre, avant la fin de la négociation. Une approche prudente consiste à construire l’enveloppe sur deux scénarios, avec et sans durcissement, et à garder une marge, comme dans notre guide du budget par personne d’un séminaire.
À surveiller d’ici le 19 décembre
Trois signaux méritent d’être suivis : les premières positions écrites des organisations après l’ouverture des discussions ; la réponse du Medef sur les jours de carence « d’ordre public » ; et la position du gouvernement en cas d’échec, puisque le texte consulté ne précise pas ce qu’il ferait. MoneyVox (1er octobre 2026) rappelle que plus de 2 milliards d’euros d’économies sont prévus sur les arrêts de travail en 2027, dont 1 milliard par cette négociation, le reste passant par une hausse des prélèvements fiscaux et sociaux sur les indemnités. Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis de votre direction juridique ou de votre expert en paie.
Questions fréquentes
Quand s’ouvre la négociation sur les arrêts de travail ?
Les discussions entre syndicats et patronat s’ouvrent le jeudi 29 octobre 2026, selon une dépêche AFP du 22 octobre. Les partenaires sociaux ont jusqu’au 19 décembre 2026 pour conclure.
Combien le gouvernement veut-il économiser ?
1 milliard d’euros en année pleine sur les arrêts de travail, avec une application visée en 2027. Plus de 2 milliards d’euros d’économies sont prévus au total sur ce poste, le reste passant par une hausse des prélèvements sur les indemnités, selon MoneyVox.
Que contient déjà la réforme en vigueur ?
Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt initial est en principe limité à 31 jours et une prolongation à 62 jours, sauf justification médicale. Depuis le 15 octobre, l’indemnisation de certaines affections de longue durée non exonérantes passe de trois ans à un an.
Les jours de carence vont-ils changer ?
Rien n’est décidé. Le Medef propose des jours de carence « d’ordre public » non remboursés par la Sécurité sociale ni par les complémentaires. Selon la Dares, 45 % des entreprises compensent déjà la carence ; elles devront arbitrer si le dispositif évolue.
Un séminaire peut-il réduire l’absentéisme ?
Aucune source consultée ne le démontre. Un séminaire ou une journée prévention peut s’inscrire dans une démarche de prévention, à condition de définir des indicateurs avant et après et de ne pas le présenter comme une solution à lui seul.