Mis à jour le 8 octobre 2026. Une intersyndicale de cinq organisations (UNSA PNC, SNPNC-FO, SNGAF, SNPL, UNAC) a déposé un préavis de grève pour les pilotes et le personnel de cabine des entreprises relevant du droit français, du samedi 17 octobre à 00 h 01 au mercredi 21 octobre à 23 h 59 (heure de Paris). À la date de cet article, aucune annulation n'a été annoncée et aucun accord n'est rapporté. Pour un séminaire qui implique des vols ces jours-là, la question n'est pas « le vol partira-t-il ? » mais « qui paie quoi s'il ne part pas ? ». Le règlement européen répond à une partie seulement.

Panneau des départs d'un aéroport affichant des vols annulés
Illustration : panneau des départs de Helsinki-Vantaa lors de l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010, sans rapport avec cette grève. Photo : MattiPaavola, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

Ce qui est annoncé, et ce qui ne l'est pas

Le motif est la réforme du cumul emploi-retraite, qui doit s'appliquer au 1er janvier 2027. Selon Air Journal (19 septembre) et L'Echo touristique (18 septembre), les syndicats demandent que les navigants et leur caisse complémentaire, la CRPN, soient exclus du dispositif « par la loi et les règlements ». Le gouvernement proposerait une exemption partielle par circulaire, que les syndicats jugent insuffisante. Ils se disent prêts à reprendre les discussions.

Le périmètre est celui des compagnies dont les salariés relèvent du droit français ; la page du préavis publiée par le SNPNC-FO ne nomme aucune compagnie. Les départs du vendredi 16 octobre ne sont pas couverts, selon EconomieMatin. AirHelp cite Air France, Transavia France et Corsair ; la presse spécialisée que nous avons lue n'en nomme aucune, et nous n'avons trouvé aucun plan de vols publié par une compagnie. Les syndicats précisent que des consignes détaillées suivront.

Deux éléments de calendrier comptent pour un organisateur. Les cours s'arrêtent le samedi 17 octobre pour les vacances de la Toussaint, « reprise lundi 2 novembre » selon le calendrier de l'Éducation nationale : la grève s'ouvre donc le premier jour des départs en vacances, avec des aéroports déjà chargés. Et, surtout, du lundi 19 au mercredi 21, le préavis tombe sur des jours ouvrés, ceux où partent et reviennent les séminaires.

Chronologie utile pour un séminaire en avion
DateCe qui se passePourquoi cela compte
3 octobreDernier jour pour informer d'une annulation « au moins deux semaines » avant un vol du 17Passé : pour tous les vols du 17 au 21, ce délai est désormais écoulé (le 7 octobre pour le 21)
10 octobreDernier jour de la fenêtre « de deux semaines à sept jours » pour un vol du 17 ; ensuite, moins de sept joursLes conditions de réacheminement exigées de la compagnie (article 5) deviennent plus serrées
16 octobreVendredi : départs non couverts par le préavisUn aller le 16 peut buter sur un retour pendant la grève
17 octobre, 00 h 01Début du préavisPremier jour des vacances de la Toussaint
21 octobre, 23 h 59Fin du préavisLes retours du 22 sont hors préavis, mais l'effet de rattrapage reste possible
2 novembreReprise des cours (métropole)Les aéroports restent chargés jusque-là

Ce que nous ne savons pas : combien de navigants suivront le mouvement, quelles compagnies annuleront quoi, et si le préavis sera levé. Selon Pixidia, le préavis n'était pas retiré au 7 octobre, mais cette page n'est pas une source officielle. Un accord avant le 17 reste possible.

Vidéo de ConsoMag sur l'indemnisation des passagers en cas de grève. Nous n'avons pas vérifié sa date de mise en ligne : elle ne traite pas de cette grève-ci.

Ce que le règlement garantit, quelle que soit la cause

Le règlement (CE) n° 261/2004 distingue deux familles de droits. La première ne dépend pas de la cause de l'annulation. Selon le texte du règlement sur EUR-Lex, le passager dont le vol est annulé choisit entre « le remboursement du billet, dans un délai de sept jours » et « un réacheminement vers leur destination finale, dans des conditions de transport comparables », immédiat ou à une date ultérieure (article 8). La compagnie doit aussi prendre en charge, gratuitement, les repas et rafraîchissements, l'hôtel si une ou plusieurs nuits sont nécessaires, et le transport entre l'aéroport et l'hôtel (article 9).

Pour un séminaire, cela couvre le billet et la nuit d'attente. Cela ne couvre pas ce qui est déjà engagé à destination.

Ce qui est contesté : l'indemnisation de 250, 400 ou 600 euros

La seconde famille de droits est l'indemnisation forfaitaire (article 7) : 250 € pour un vol de 1 500 km ou moins, 400 € pour un vol intracommunautaire de plus de 1 500 km et pour les autres vols de 1 500 à 3 500 km, 600 € au-delà. Elle ne se déclenche pas si la compagnie prouve que l'annulation est due à des « circonstances extraordinaires » que toutes les mesures raisonnables n'auraient pas permis d'éviter (article 5, paragraphe 3).

La Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans l'affaire C-28/20 (arrêt du 23 mars 2021, Airhelp contre SAS), qu'une grève lancée par un syndicat du personnel du transporteur, dans le respect du préavis légal, n'est pas une circonstance extraordinaire : elle « doit être considérée comme un événement inhérent à l'exercice normal de l'activité de l'employeur », d'après le communiqué de la Cour. C'est le raisonnement que reprend L'Echo touristique pour cette grève, en évoquant 250 à 600 € par passager en cas d'annulation majeure.

Le sujet n'est pourtant pas clos ici. AirHelp classe cette grève comme « non éligible » à indemnisation, au motif que le conflit porte sur une réforme gouvernementale des retraites, pas sur une décision de la compagnie. Le même communiqué de la Cour contient la formule « des revendications que seuls les pouvoirs publics peuvent satisfaire » dans son appréciation ; nous n'avons pas relu l'arrêt complet et ne tranchons pas la portée de cette formule. Ici, la revendication vise une loi et un décret. Deux sources lues arrivent donc à des conclusions opposées, ce qui signifie qu'une indemnisation est possible mais pas acquise. Seul un juge, au cas par cas, le dira.

Un délai qui joue déjà

L'article 5 prévoit que l'indemnisation n'est pas due si le passager est informé de l'annulation « au moins deux semaines avant l'heure de départ prévue ». Entre deux semaines et sept jours, et à moins de sept jours, la compagnie doit en plus proposer un réacheminement dans des horaires proches de ceux prévus. Pour un vol du 17 octobre, les deux semaines se sont écoulées le 3 octobre. Une annulation annoncée à partir d'aujourd'hui ne bénéficie donc pas de la première exemption.

Vidéo de Larcier-Intersentia sur les droits des passagers aériens. Nous n'avons pas vérifié sa date de mise en ligne : elle présente le cadre général, pas cette grève.

Ce qu'aucun texte ne rembourse : la salle, l'hôtel, le traiteur

Le règlement protège le passager, pas l'organisateur. Si vos équipes n'arrivent pas, la salle réservée, l'hôtel et le traiteur restent dus selon les conditions de chacun. C'est dans vos contrats que se joue l'essentiel, et non dans le règlement européen.

Deux points à relire. D'abord les clauses d'annulation et de no-show, détaillées dans notre guide du contrat de séminaire. Ensuite la force majeure : l'article 1218 du Code civil, que nous n'avons pas pu relire aujourd'hui sur Légifrance (accès refusé), la rattache à un événement que l'on ne pouvait pas raisonnablement prévoir à la conclusion du contrat. Un préavis relayé par la presse dès le 18 septembre (et une lettre intersyndicale datée du 1er août, selon Pixidia) se prête mal à cette qualification pour un contrat signé après ces dates. Pour un contrat signé avant, l'argument est plus ouvert. Ce n'est qu'une lecture : faites relire votre clause par un juriste. Les mêmes questions se sont posées pour le car de séminaire face à la mobilisation du 21 octobre.

Côté assurance, vérifiez la date de souscription et les exclusions d'événements connus : notre article sur l'assurance de séminaire détaille les garanties usuelles. Nous n'avons lu aucune clause de contrat d'assurance pour cette grève.

Que faire si un séminaire est prévu entre le 17 et le 21 octobre

Cinq vérifications cette semaine

  1. Identifiez les vols concernés. Compagnie, numéro de vol, date. Le préavis vise les compagnies dont les salariés relèvent du droit français. Pour une compagnie étrangère, demandez si ses équipages sont concernés (selon Pixidia, easyJet et Volotea auraient des équipages sous contrat français).
  2. Demandez par écrit la politique de la compagnie ou de l'agence. Réacheminement, délais, qui rachète les billets, qui réclame l'indemnisation. Le passager est titulaire du droit ; si l'entreprise a payé, clarifiez avant la grève qui encaisse.
  3. Chiffrez le coût d'une arrivée tardive ou d'une absence. Salle, hôtel, traiteur, animation : ce que vous perdez si dix personnes n'arrivent pas, et ce que votre contrat permet de décaler.
  4. Préparez une alternative sans avion. Le préavis ne vise que le personnel navigant : un trajet en train ou en car reste possible pour les distances raisonnables. Voir le comparatif train, avion, car.
  5. Fixez une date de décision. Par exemple le 12 ou le 13 octobre : au-delà, les billets de remplacement coûtent plus cher et les réacheminements se raréfient. Gardez le plan B du jour J sous la main.

Si le séminaire est à l'étranger, voyez aussi notre guide du séminaire à l'étranger. Pour d'autres perturbations récentes qui touchent l'agenda des organisateurs, voyez la grève du 29 septembre et la suppression de lignes aériennes régionales.

Questions fréquentes

Quand a lieu la grève des pilotes et du personnel de cabine ?

Le préavis court du samedi 17 octobre 2026 à 00 h 01 au mercredi 21 octobre à 23 h 59, heure de Paris, pour les pilotes et le personnel de cabine des entreprises de droit français. Les départs du 16 ne sont pas couverts.

Mon vol sera-t-il forcément annulé ?

Non. À la date de cet article, aucune annulation n'est annoncée et aucune compagnie n'a publié de programme de vols réduit. Un préavis n'est pas une annulation, et il peut être levé avant le 17.

Ai-je droit à 250, 400 ou 600 euros si mon vol est annulé ?

Ce n'est pas acquis. La jurisprudence de la Cour de justice (C-28/20) écarte la circonstance extraordinaire pour une grève du personnel du transporteur, mais certaines sources estiment que la nature de ce conflit, dirigé contre une réforme gouvernementale, peut changer l'analyse. Remboursement, réacheminement et prise en charge restent dus dans tous les cas.

Mon entreprise peut-elle annuler la salle et l'hôtel sans frais ?

Seulement si vos contrats le prévoient. Le règlement européen ne couvre pas ces frais. La force majeure est difficile à invoquer pour un événement annoncé publiquement avant la signature ; faites relire vos clauses.

Un train ou un car est-il concerné par ce préavis ?

Non, le préavis vise le personnel navigant du transport aérien. D'autres mouvements peuvent exister par ailleurs : vérifiez le jour du départ.

Sources et méthode

Pages lues le 8 octobre 2026. Non lus : la lettre intersyndicale, l'arrêt C-28/20 intégral (seul le communiqué de la Cour a été lu), Légifrance (accès refusé), l'article de loi cité par Pixidia. La liste des compagnies vient d'AirHelp et n'est pas officielle. Les vidéos ont été vérifiées comme existantes (oEmbed) ; leurs dates ne l'ont pas été. L'angle séminaire est une lecture du site : aucune source ne parle d'événements d'entreprise. Aucune vérification externe indépendante n'a été faite. Ce texte n'est pas un conseil juridique.